Eleonora Banovich, la Trameuse...

"La Trame" (déf.) : Ensemble de fils qui se croisent pour constituer un tissu.

Après une formation en développement social local à l'Université de Padoue (Italie), je rencontre un "psychologue communautaire", Piergiulio Branca, engagé dans l'animation sociale et dans les démarches d'empowerment en Amérique Latine et en Italie. Avec des copains et copines, on décide d'aller plus loin: on fonde une association , Laboratorio Cambiamento, on fait une formation avec M. Branca et d'autres acteurs de l'animation sociale italienne qui ont mis en place des démarches de développement de communauté dans les années '80 en Italie du Nord. On apprend ce qu'est la recherche-action, le développement du pouvoir d'agir, la facilitation de groupe, les dynamiques psychosociales en œuvre dans les collectifs et on y trouve des réponses à beaucoup de questions restées ouvertes après nos premiers engagements syndicaux ou associatifs. On se lance et on fait quelques projets (bénévoles) autour de Padoue. La vie de notre collectif est intense, haute en émotions ... nos vies continuent et chacun.e prend sa route. De mon coté je traverse les Alpes pour faire un master en géographie sociale à l'Université de Rennes 2: les questions de territoire, d'appartenance et d'espace commun me taraudent.

Pendant mes recherches, je me rend compte que je ne trouve pas, au sein de l'action sociale, un équivalent à ce que l'on fabriquait en Italie: elle est où la communauté ? Quelle place a l'action collective? C'est seulement vers la fin de mes études que je rencontre l'éducation populaire et là je m'y retrouve. Je commence à connaitre des structures locales qui agissent avec des visées d'émancipation, de transformation sociale, de conscientisation (comme l'association Anime et Tisse, le Kerfad, Si on s'alliait, le Centre d'études et d'action sociale 22 et les Scop d'éducation populaire du Contrepied et de la Trouvaille), je rencontre la pédagogie sociale (GPAS) et l'habitat participatif (l'EPOK) et je fais des ponts, des liens, je noue des fils, j'en défais d'autres et je complète ma formation, qui repose sur la sociologie, la géographie sociale, la psycho-sociologie et la psychologie sociale, avec les réflexions sur les dominations en acte dans la société, avec la nécessaire prise de conscience politique des rapports sociaux qui entourent et influencent toute action collective.

Au Collège Coopératif en Bretagne (CCB)  j'expérimente le rôle d'animatrice-formatrice et de responsable de formation et j'accompagne des collectifs d'acteurs en découvrant la multiplicité et la richesse des formes de recherche-action, que je continue d'expérimenter et de réfléchir aujourd'hui au sein de La Trame et en lien avec Correspondances Citoyennes.

Quand je me lance dans La Trame je fais des rencontres importantes qui me permettent d’asseoir les pratiques que j’ai envie de porter : je rencontre la socianalyse et l’analyse institutionnelle (dans un stage de Sans Transition) qui font écho aux méthodes d’accompagnement issues de la dynamique des groupes rencontrées en Italie.  Pendant plusieurs mois j’ai la chance de rencontrer aussi l’Association Pivoine et de découvrir un fonctionnement collectif humain et inspirant.

Ensuite, grâce à la rencontre avec le Mouvement du Développement Social Local, j’arrive enfin à retisser les liens avec ma formation initiale en accompagnement des démarches de développement communautaire et aller plus loin sur les compétences et postures de facilitation que ce genre d’intervention demande.

Pour en savoir plus sur mon parcours et mes expériences : Parlons-en! ou jetez un coup d'œil ici.